Enquête sur la typologie des mobilités dans le 12e arrondissement de Paris

Quelles motivations sous-tendent les choix de mobilité des usagers à Bercy, et comment façonnent-elles des expériences différenciées d'un même territoire ?

Université Paris Cité

jan.–avr. 2024

Ce travail est né d'une curiosité de terrain face au flux incessant de voyageurs et de valises qui traversent quotidiennement le quartier de Bercy, dans le 12e arrondissement de Paris. La diversité des profils (entre touristes et voyageurs d'affaires), et la manière dont l'expérience diffère selon le mode de transport emprunté, ont motivé notre choix de terrain. L'aire d'étude couvre trois pôles : la gare routière de Bercy-Seine, la gare SNCF de Bercy Bourgogne-Pays d'Auvergne et la station de la ligne 14 du métro. À travers cette étude nous interrogeons les motivations qui sous-tendent les choix de mobilité des usagers à Bercy, que ce soit par le train, le bus ou le métro.

Pour y répondre, l'état de l'art mobilisé croise plusieurs lectures. D'un côté, des travaux sur le « tourisme hors des sentiers battus » et la « gentrification touristique » appliqués à la transformation de Bercy Village en pôle de loisirs et de commerces. De l'autre, des réflexions sur le télétravail post-covid et sur l'organisation du territoire pour limiter les déplacements.

La méthode a évolué au fil du terrain. Partant d'observations non participantes et non structurées, l'enquête s'est progressivement concentrée sur des entretiens semi-directifs courts, adaptés à la disponibilité limitée des usagers interrogés en mouvement. Les résultats dessinent une typologie contrastée des usagers du quartier :

🎟️Voyageurs de passage motivés avant tout par le prix du billet.

💼Navetteurs effectuant le trajet domicile-travail.

🧑‍💼Clientèle d'affaires.

🚇Usagers du métro séduits par sa rapidité.

Chaque mode présentant ses propres forces et faiblesses du point de vue de ceux qui l'empruntent. La gare routière ressort de l'enquête comme le maillon le plus fragile de ce dispositif, souffrant de manque de propreté, de retards fréquents et d'un déficit de services, tandis que la gare ferroviaire (principalement utilisée par des habitués voyageant entre Paris et la Bourgogne), est perçue comme sûre mais perfectible en matière de confort et d'accessibilité.